Le quatuor de saxophones est sans doute l’unique formation avec saxophone reconnue actuellement, sans doute grâce à la complicité des différents timbres instrumentaux. (musiciens et discographie ayant fait leur preuve) La sonate pour saxophone et piano est plus difficilement appréciée des organisateurs de concert à cause d’un répertoire trop académique lors du développement de l’instrument. D’autres démarches plus originales sont développées ponctuellement afin de donner naissance à des oeuvres isolées. Les musiciens du Trio ont tenté par hasard l’expérience de reproduire le concept romantique bien souvent employé par les plus grands compositeurs : réunir un instrument polyphonique à un instrument grave et un instrument aigu tout comme le trio cordes et piano, le trio flûte, alto et harpe, le trio clarinette, violoncelle et piano etc. L’avantage des saxophonistes est l’utilisation de tous les membres de la famille pour la diversité des timbres et les multiples modes de jeu permettant un grand nombre d’adaptations d’œuvres et de séduire les compositeurs. |
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Contrairement au quatuor de saxophones où bien souvent la parole est confiée au soprano, les musiciens du trio s’expriment davantage grâce à une meilleure répartition du matériau thématique (mélodique ou rythmique). Lors de la création de l’ensemble en 2000, le Trio Saxiana n’a pu recenser qu’une poignée d’oeuvres originales nées sous l’impulsion de saxophonistes indépendants pour des projets ponctuels, comme Cantata de Wolfgang Jacobi, Trinôme de Lucie Robert (soprano, baryton et piano), Sonatina parsax de Ferrer Ferran (2 altos et piano), le duo concertant de Jean-Baptiste Singelee (soprano, alto et piano) et le Trio de Jean-Michel Damase (soprano, baryton et piano) pour ne citer qu’eux. Ces quelques pièces n’ont pas permis à Saxiana de remporter l’adhésion de leur public. Aussi il leur a fallu s’engager dans un projet personnel de réflexion sur le répertoire. Adapter des Oeuvres pour vents ou cordes et piano a été une nécessité pour constituer immédiatement un véritable programme sans avoir l’étiquette d’une formule trop légère. |
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Le Trio saxiana a pris parti de ne jamais aborder des œuvres antérieures à la naissance du saxophone et de favoriser des compositeurs qui ont défendu ou utilisé l’instrument de près ou de loin. Les Trios de jeunesse des compositeurs n’utilisent qu’une faible étendue de la tessiture des cordes facilitant ainsi l’adaptation des oeuvres comme le 1er Trio de Dimitri Shostakovich, le Trio élégiaque n°1 de Serge Rachmaninov ou 1er Trio en sol de Claude Debussy. Parfois le piano remplace les parties de harpe ou clavecin : interludes de Jacques Ibert, elegiac trio de Arnold Bax. D’autres œuvres ont nécessité de véritables transformations comme la sonatine de Maurice Ravel (pour piano), Pulcinella de Igor Stravinsky (pour orchestre) ou encore la légende de André Caplet ou demain de Jean Cras (musique de chambre avec saxophone), deux oeuvres qui ont l’avantage de faire connaître un répertoire pour l’instrument pas assez médiatisé, avec premier objectif de faire oublier la version originale plus qu’une simple reproduction. Avec le respect envers les compositeurs actuels témoignant de l’approche organique des instruments propre à la seconde moitié du 20e Siècle, |
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Saxiana revisite certaines oeuvres fortes au langage moderne ayant déjà faits leurs preuves comme Musica ricercata de Gyorgy Ligeti (piano) ou Rrrrr…5 jazzstücke de Mauricio Kagel (clarinette/sax, violon et piano) qui acceptent aisément des modifications car donnant plus le sens de la mélodie et du rythme que du langage instrumental idiomatique. Donner naissance à de nouvelles oeuvres spécifiques pour la formation est ce qui fait battre le cœur du Trio Saxiana. La rencontre inattendue avec les compositeurs d’aujourd’hui de plusieurs générations et horizons nourrissent le répertoire de concert et remplacent peu à peu la transcription. Afin d’éviter des œuvres à l’avant-gardisme austère ou à certaines formes d’intellectualisme stérile, les dédicataires cherchent les créateurs qui puisent davantage leur inspiration dans une certaine tradition d’écriture musicale (néoclassicisme, néoromantique, néoimpressionnisme, minimalisme néotonal, atonalité, musiques de la rue ou encore musiques légères) laissant néanmoins libre cours à leur imaginaire créatif (théâtre musical par exemple) » extrait d’une interview. |